L’effet lait de mai

La propagation du coronavirus affecte notre quotidien, aussi avons-nous été dans l’obligation d’annuler la manifestation « l’effet lait de mai » prévue le 29 mai prochain dans une ferme laitière de Saint-Vigor-d’Ymonville, qui devait nous faire revivre cette ancienne coutume qu’est le lait de mai.
Cette animation devait être relayée dans la programmation du Pays d’art et d’histoire Le Havre Seine Métropole, dans son cycle « Un Pays, des paysages ».
En compensation et pour découvrir ou redécouvrir cette tradition, je vous propose un texte ludique, un « docu-fiction » pour se plonger dans la vie de la ferme au début du 20 ème siècle.
Les pontillés sont à compléter des expressions liées au lait, aux vaches et à la vie de ferme. Saurez-vous les retrouver ?
« Voici le mois de mai où les fleurs volent au vent » fredonnait Margueritte, fermière de son état. Dans cette soirée du 30 avril, elle balayait énergiquement le seuil de sa maison pour chasser les esprits de l’hiver et y répandre des cendres de l’âtre. Elle espérait ainsi attirer la prospérité sur son foyer.
Trouvera-t-elle demain matin un bouquet de fleurs des champs, symbolisant une déclaration d’amour d’un prétendant pour sa fille aînée ? Elle avait bien une petite idée de celui qui se faufilerait cette nuit par le jardin…. Mais elle espérait surtout ne pas trouver des ronces qui
dénonceraient le caractère ….. .. …. de la belle. « Une jolie fleur dans une peau de vache, une jolie vache déguisée en fleur » . Ce petit air lui vint à l’esprit mais chercha sans succès son interprète. Peut-être …… …….. ?

Elle s’attaqua ensuite au rangement de la pièce principale, mis dans un tiroir le calendrier des
postes reproduisant « la laitière » de …….. …….. Elle dressa la table du soir, une longue table de chêne brut, sans nappe, avec double bordure de bancs. Pour terminer, elle mit dans le four à bois, la ………, dessert roboratif qui cuira doucement toute la nuit.
La traite manuelle du soir était faite mais il lui faudra encore faire une petite visite à l’……. Aspirine, sa génisse préférée a 3 ans et donnera bientôt un petit veau.
Le veau est le jeune mâle ou la jeune femelle, de la naissance à l’âge de trois semaines, il se nourrira que de lait. Puis il commencera à manger du fourrage et c’est là que débutera la rumination.
La …… deux fois par jour, c’est une contrainte, 365 jours par an, mais c’est aussi un moment privilégié pour être en contact avec ses vaches. Elles ont chacune leur caractère et leur petit nom mais personne n’est à la merci d’un coup de pied.
La journée de demain sera longue. Au matin du 1er mai, elle suivra la coutume d’étaler son linge taché d’humidité, pour le blanchir, sur la rosée qui couvre l’herbe. Ce sera le signal aussi de sortir les vaches de l’étable pour qu’elles prennent leur résidence d’été et broutent l’herbe tendre, chargée dit-on de vertus thérapeutiques. Margueritte aimait cette période où les petits veaux tétaient leur mère, ils ne se trompent jamais de mamelles, de même la mère ne se trompera pas de veau. Elle s’amusait de voir que les vaches aiment se tourner toutes dans le même sens pour brouter, il y a les meneuses et les suiveuses mais elles restent en troupeau,
c’est certainement leur instinct …….. .
Ses vaches lui donneront du bon lait qui se transformera en « lait de mai » ……. le jour même

pour devenir du beurre. Margueritte devra récupérer plus tard dans la matinée un linge chargé de rosée pour nettoyer … …. de ses vaches qui les rendra plus productives selon la croyance populaire.
Ce 1er mai, elle devra être particulièrement vigilante dans la confection de son beurre de mai.
Car bien conservé tout au long de l’année, il aidera sous forme d’onguent à la cicatrisation des plaies des animaux et parfois des humains.
Demain toute la famille sera présente, dans un milieu où la vie s’écoule doucement seuls des jours comme le 1er mai viennent sortir le village de son quotidien. Son fils parti pêcher le bulot au large de Granville sera de retour sur .. …….. … …… pour son plus grand plaisir.
Elle sait qu’elle devra aussi surveiller son Pierrot comme du …. … .. …. Il est de notoriété qu’il porte plus d’attention aux futs de cidre et de calva de sa cave qu’aux …… . …. destinées au transport et au stockage du lait. Ce sera une belle journée s’il ne pleut pas comme ….. …
….. !
Au moins en Normandie, il y a rarement de problème pour que les vaches boivent à volonté, le lait se composant de .. % d’eau.
Cette année, pour leur promenade agreste et les plaisirs gustatifs, toute la famille avait prévu de se rendre en premier lieu dans la Ferme des Grottes où exceptionnellement un conteur les attendait. Cette exploitation agricole était réputée pour ses …… savoureuses de lait chaud et crémeux.
Au retour, ils s’arrêteront chez le Père Décultot qui ne manquait jamais de poser un écriteau sur la barrière « lait champêtre à toute heure ». Voilà du lait et pis c’est tout.
Ce retour se fera par le petit chemin creux qui court par monts et par ….dans la campagne, sans se soucier de l’âpreté de la montée de la « courte côte » de la falaise ou de la déclivité des pentes.

Pour aller plus loin dans la lecture, savez-vous ?

C’est en France qu’existent le plus de races de bovins. Certaines races sont plus spécialisées pour le lait (Montbéliarde, Normande, Prim’Holstein …) et d’autres pour la viande (la Charollaise, la Limousine …)
La rumination débute quand le veau commence à manger du fourrage, c’est la première étape de l’alimentation des bovins. Cette action de digestion augmente progressivement pour atteindre à terme le cycle des 3 x 8 : alternance de repos, d’action de se nourrir et de ruminer.
Chacun des trois cycles totalisent 8 heures par jour.
La vache possède 4 estomacs : la panse, le bonnet, le feuillet, la caillette.
Nathalie
Bibliothécaire
Bibliothèque « Côté bouquins, côté jardin ».

 

Comments are closed.